La poésie a le vent en poupe

Alors que la poésie a longtemps conservé une image élitiste, elle est, depuis quelques années, à nouveau sur le devant de la scène. Preuves en sont les nombreux concours de poésie qui attirent chaque année davantage de poètes amateurs et professionnels, le succès des chansons en slam qui accordent une grande importance à la rythmique, ou encore la place croissante des vers sur les réseaux sociaux. Le thème de l’amour est quant à lui abordé sous toutes ses formes dans la poésie actuelle – qu’il s’agisse de l’amour passionnel, familial, platonique – et par des poètes de tous horizons.

Le renouveau de la poésie est notamment dû à son apparition sur les réseaux sociaux. La poétesse canadienne d’origine indienne, Rupi Kaur, réunit plus de 4,4 millions d’abonnés sur Instagram et se définit elle-même comme une « instapoète ». Très sensible à la cause des femmes et à la question des inégalités, elle aborde dans ses poèmes les thématiques de l’amour d’autrui, de la tolérance et de l’acceptation de soi.

« Tombe 
amoureuse
de ta solitude »
Lait et miel, Rupi Kaur (trad. Sabine Rolland)

 

La poésie française n’est pas en reste, avec une nouvelle génération qui se fait de plus en plus connaître. Alexandre Bonnet-Terrile en est une parfaite illustration, puisque ce jeune poète, à seulement 23 ans, a déjà publié deux recueils, reçu plusieurs prix littéraires – dont le Prix Apollinaire Découverte – et figuré au sein de l’anthologie du Printemps des Poètes 2019 réunissant des poètes francophones contemporains autour du thème de la beauté. Ses vers sont à l’image de son époque : incisifs, épurés et pleins d’esprit. En 2020, il a publié son second recueil Via Boston (Éd. Castor Astral), dans lequel il évoque ses origines italiennes et la ville de Rome. Il y aborde les sujets de l’homme, de l’amour et de la nature.

« Une suave chanson ces cheveux
Frisés
Mignons et doux.
Les nuages sur la tête
Pour jouer
Du bout des doigts
Quelqu’un les coupe »
Les Numérotés, Alexandre Bonnet-Terrile

 

Nombre d’écrivains reconnus en viennent actuellement à se lancer dans l’art de la poésie, afin d’exprimer leur créativité sous un format différent et codifié. C’est notamment le cas de Cécile Coulon, cette romancière et novelliste qui écrit depuis ses 16 ans – âge auquel elle avait publié son premier roman intitulé Le Voleur de vie (Éd. Revoir, 2007) – et qui a déjà publié huit romans ayant tous rencontré un succès certain. En 2018, elle a composé son premier recueil de poèmes, Les Ronces (Éd. Castor Astral), qui a reçu le Prix Apollinaire.

« [...] je prends cette voix pour te dire
que tu ne dois pas en vouloir
à ton sourire
s’il continue, malgré toi,
de me faire la courte échelle. »
Les Ronces, Cécile Coulon

 

Enfin, comment ne pas citer Simon Johannin ? Ce jeune auteur est désormais connu du grand public, non seulement parce qu’il a écrit un roman à quatre mains avec sa compagne Capucine Johannin intitulé Nino dans la nuit (Éd. Allia, 2019), mais également grâce au succès qu’a rencontré son recueil de poésie, Nous sommes maintenant nos êtres chers (Éd. Allia, 2020), dans lequel il parle de la rue, de voyous et de passion amoureuse.

« Si je meurs
Donne mes livres aux amis
Mes vêtements aux pauvres
Ma mémoire aux enfants
Mais garde les bijoux
Car mon âme amoureuse
Sera noyée dans l’or »
Nous sommes maintenant nos êtres chers, Simon Johannin