Le mouvement romantique en littérature

« Mais quand l'homme change sans cesse,
Au passé pourquoi rien changer ? »
Alfred de Musset, Premières poésies

 

Qu’est-ce que le romantisme ? 

Le romantisme est un mouvement culturel européen majeur qui s’est manifesté dans toutes les formes d’art (littérature, peinture, sculpture, musique, danse…) au cours des XVIIIe et XIXe siècles, d’abord en Allemagne et en Grande-Bretagne, puis en France et plus largement en Europe (Italie, Espagne, Russie et pays scandinaves) jusqu’à la moitié du XIXe siècle. En littérature, le romantisme réclame la libre expression de la sensibilité et, prônant le culte du moi, il affirme son opposition à l’idéal classique. Il se caractérise par une réaction du sentiment contre la raison. Cherchant l’évasion dans le rêve, dans l’exotisme ou dans le passé, le romantisme exalte le goût du mystère et du fantasme. Les écrivains romantiques prônent ainsi la valorisation du « moi », l’expression des sentiments et des passions de l’individu pris dans les tourments de son destin. 

« Les champs n'étaient point noirs, les cieux n'étaient pas mornes.
Non, le jour rayonnait dans un azur sans bornes... »
Victor Hugo, Tristesse d'Olympio

« Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m'assieds »
Lamartine, L'Isolement

 

Naissance du romantisme en Allemagne

Le romantisme en Allemagne qualifie une aspiration au romanesque, c’est-à-dire à l’imaginaire, à l’aventure, à la description de paysages dans lesquels la nature tient une large place. Il est défini comme étant le représentant d'une « maladie de l'âme » ayant pour effet la nostalgie (« sehnsucht »), le mal-être, l'ennui, le désir d'évasion et la solitude. Ses principaux représentants sont Novalis, Ludwig Tieck, Frédéric Schlegel. Ce sont eux qui élaboreront la doctrine romantique et le romantisme politique. Après 1804, le romantisme allemand prend d’autres directions avec des auteurs tels que Clemens Brentano, Joseph von Eichendorff, Achim von Arnim et les frères Grimm.

« L'harmonie fut ma mère dans la chanson des arbres et c'est parmi les fleurs que j'ai appris à aimer. »
Friedrich Hölderlin

 

Le mouvement en Grande-Bretagne

En Grande-Bretagne, la sensibilité romantique s’exprime à la même période par la littérature : des auteurs tels que William Wordsworth, Thomas Chatterton, Robert Southey et William Cowper traitent de sujets intimes en développant les mouvements secrets de leurs âmes.  

« La variété est la véritable épice de la vie - Qui lui donne toute sa saveur. »
William Cowper

 

En France, le mouvement romantique est porté par François-René de Chateaubriand, Madame de Staël puis Victor Hugo

Les nombreux changements politiques intervenus en France au cours du XIXe siècle (le Premier Empire, le retour à la monarchie avec la Restauration puis la Monarchie de Juillet, la IIe République, le Second Empire et la IIIe République agitée par l’affaire Dreyfus) poussent la jeune génération d’écrivains et d’artistes à se détacher de la vie politique et à se tourner vers l’introspection, la recherche de la solitude et l’expression des sentiments à travers une tonalité lyrique. Les sentiments, l’évasion et le rêve, la nature, l’infini et la solitude en sont les thèmes privilégiés. La France a représenté l’un des grands foyers du romantisme. Elle incarne une forme de rébellion contre la doxa classique et académique au sein d’une Europe encore largement conservatrice. À partir du milieu du XIXe siècle, le romantisme survit principalement à travers la poésie de Victor Hugo et les œuvres des écrivains scandinaves tandis que les littératures occidentales voient l’apparition d’un nouveau mouvement littéraire, le réalisme.

« Mes livres ne sont pas des livres, mais des feuilles détachées et tombées presque au hasard sur la route de ma vie. »
François-René de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe